Les généreux d’aujourd’hui ne seront pas les payeurs de demain

Selon Denys Brunel, couvrir les propriétaires en cas d’impayés et éviter ainsi à des locataires en difficulté passagère d’être expulsés : sur le papier, les ambitions de la Garantie Universelle des Loyers (GUL) étaient louables.

Reste que, une fois chiffrée, cette mesure phare de la loi ALUR a vite été enterrée… Pour être aussitôt ressuscitée, mais sous une forme édulcorée : le fameux dispositif VISAL, dénonce Denys Brunel. Réservé au départ à une catégorie spécifique de la population (les jeunes) et sous certaines conditions (la précarité), celui-ci ressemble à la GUL, mais n’en est pas une !

D’autant que, lorsqu’il sera monté en régime, l’échéance électorale de 2017 sera passée et ceux qui en hériteront ne seront pas forcément ceux qui l’auront voté. Et, si le coût sera d’abord modéré, très vite, les impayés s’additionneront jusqu’à devenir exorbitants !

La GUL n'est pas adaptée à tous les cas de figure selon Denys Brunel

En effet, en province, le locatif est à la peine et les propriétaires seront donc moins regardants en ce qui concerne les capacités financières d’un potentiel locataire, fait remarquer Denys Brunel. Ainsi, cette mesure ne favorisera pas une plus grande vigilance, puisque, en cas d’impayé, il suffira d’envoyer la facture à l’Etat !

Sans oublier les accidents de la vie (chômage, maladie, séparation amoureuse…), qui peuvent provisoirement empêcher une personne de régler son loyer. Plutôt que de chercher un accord amiable, comme c’est bien souvent le cas, le propriétaire sera alors obligé de prendre « l’autoroute VISAL » : huissier, mise en demeure, transfert du dossier à l’administration compétente… selon Denys Brunel.

Les propositions de Denys Brunel

Sachant que 50% des problèmes de paiement sont liés à ce type d’événement, l’idéal aurait été, comme l’avais proposé Denys Brunel à l’époque à Mme Duflot en sa qualité de Président de la Chambre Nationale des Propriétaires, de convenir d’une assurance obligatoire dont le coût aurait été répartis équitablement entre le locataire et le propriétaire. Ainsi, pas besoin de lancer une procédure d’expulsion au moindre impayé et chaque partie aurait pu prendre le temps de trouver une solution. Ce n’est pas le choix qui a été retenu et on ne peut que le regretter, denonce Denys Brunel.

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