Politique immobilière de la ville de Paris ou comment produire du logement social à des fins politiques

Le logement social permet à la collectivité de venir en aide aux personnes et familles éprouvant des difficultés. La loi SRU oblige les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 pour l’Ile de France), à avoir 20 % de logements sociaux en 2020 et 25 % en 2025, selon Denys Brunel. A Paris, et en dépit d’un foncier plus cher, la Ville s’est donné un troisième objectif complémentaire : 30 % en 2030.

Denys Brunel : "Toujours plus de demandeurs de logements sociaux"

Normalement, le logement social a comme vocation d’être une étape transitoire, dans le parcours résidentiel des habitants. Il a été conçu comme tel, et les ménages qui en bénéficient devraient pouvoir évoluer vers le locatif privé, puis vers l’accession à la propriété, selon Denys Brunel. Malheureusement, notamment du fait des conditions économiques difficiles et persistantes, et d’un coût d’acquisition élevé et trop peu aidé, tel n’est pas le cas : il y a toujours plus de demandeurs de logements sociaux, notamment à Paris ; et il n’y a pas de renouvellement au sein de ces logements, avec un taux de renouvellement inférieur ou égal à 4 % par an.

Affichant un choix très dogmatique, la Ville de Paris prône « la mixité sociale au niveau du pallier ». C’est ainsi qu’elle a notamment motivé son initiative de DPUR (Droit de Préemption Urbain Renforcé) en décembre 2014, en décidant de placer 257 copropriétés sur une liste d’immeubles préemptables, en cas d’aliénation d’un ou plusieurs biens. En réalité, le DPUR permet à la ville de Paris d’acquérir des biens individuels (un appartement au sein d’un immeuble) en priorité et de faire entrer un bailleur social au sein des Assemblées Générales des copropriétés concernées en utilisant une procédure qui n’est absolument pas encadrée juridiquement, dénonce Denys Brunel.

Denys Brunel dénonce les quotas exorbitants de logement sociaux dans Paris

S’agissant du DPUR, les copropriétaires du XVIIIème ont été bien étonnés de constater que la liste des 257 concernait presque majoritairement leur arrondissement (qui avait déjà 22.9 % de logements sociaux au 1er janvier 2015), et notamment les quartiers qui en comptaient le plus au sein de ce même arrondissement, fait remarquer Denys Brunel. Ce phénomène, somme toute assez nouveau, répond à une volonté clairement affichée par la majorité municipale de produire des logements sociaux à tous prix pour atteindre des quotas exorbitants en ce domaine. Pour atteindre ses objectifs, la ville devra produire près de 10.000 logements sociaux par an jusqu’en 2030, dénonce Denys Brunel.

Tout ceci coûte extrêmement cher et posera un problème économique. Des logements sociaux c’est un coût de production au départ ; mais c’est aussi un coût de maintenance et de travaux dans la durée. Et pour être parfaitement clair, un immeuble de locataires coûte, sur le long terme, plus cher qu’un immeuble de propriétaires. Alors, qui paiera la maintenance de ces biens dans quelques années lorsque l’on aura atteint les fameux 30% ?

Une politique de socialisation à outrance dénoncée par Denys Brunel

S’agissant de la mixité sociale, comme la Ville l’a clairenement annoncé, la question « quasi philosophique » est de savoir si on peut imposer à quiconque de devoir vivre avec des cohabitants qui auront été choisis par la collectivité et qui, pour certains, sont dans des situations économiques, sociales et culturelles très différentes, alerte Denys Brunel. Dès que l’on a dit cela, les tenants de cette politique de socialisation à outrance tendent un piège, à leurs interlocuteurs : « Vous n’aimez pas les pauvres…. Vous êtes un ségrégationniste… », dénonce Denys Brunel.  Est-on sûr que l’on rend un véritable service à ceux et celles que l’on impose dans un environnement qui n’est pas nécessairement celui qu’ils désirent.

La politique menée (encadrement des loyers, mixité sociale poussée comme objectif majeur, etc…) ne sera pas non plus sans conséquence sur la situation économique de Paris : attraction auprès des étrangers, sièges sociaux, etc…

Cette politique démagogique, et non dénuée d’arrières pensées électoralistes, du tout social aura des effets durables sur notre Vivre Ensemble. A trop vouloir faire du chiffre, à vouloir imposer la mixité sociale au niveau du pallier, on recrée des ghettos sociaux… tout le contraire de ce que l’on prétendait vouloir faire ! conclu Denys Brunel.

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