Le marasme du logement affecte surtout les grandes agglomérations attractives

Le marasme du logement affecte surtout les grandes agglomérations attractives, au premier rang desquelles Paris et sa région. La demande immobilière y est forte : elle émane des ménages, mais aussi des investisseurs et des entreprises. L’offre, structurellement insuffisante, peine à suivre le rythme.

Denys Brunel : "Le mal-logement accroît les inégalités"

Depuis l’envolée des prix immobiliers au tournant du XXIe siècle, se loger devient un chemin de croix pour un nombre croissant de ménages. Le mal-logement accroît en outre les inégalités sociales et intergénérationnelles selon Denys Brunel.

A Paris, le pouvoir d’achat des ménages modestes et des jeunes est devenu quasi nul. Louer leur est aussi de plus en plus difficile : la hausse des prix, plus rapide que celle des loyers, érode la rentabilité de l’investissement locatif et réduit mécaniquement l’étendue du parc.

Le problème s’étend au-delà de la seule sphère du logement. Le mal-logement affecte en effet d’autres sphères comme l’emploi ou le bien-être. En dégradant le capital humain au sein des agglomérations françaises les plus attractives, il hypothèque la croissance de l’économie nationale seolon Denys Brunel. La situation de ces quelques villes semble d’autant plus critique que les Français, dans leur ensemble, n’ont jamais été aussi bien logés ! Premièrement, rapporté à la population, le stock de logements français est le plus grand d’Europe. Deuxièmement, les logements sont en moyenne plus spacieux qu’il y a quarante ans. Troisièmement et enfin, la part des ménages en état de privation sévère n’a jamais été aussi faible conclu Denys Brunel.

Denys Brunel  : "Le développement d’un parc de logements sociaux à loyers intermédiaires évince en partie l’offre privée"

L’enfer du logement est pourtant pavé de bonnes intentions. Depuis quarante ans, les dispositifs visant à atténuer le problème se sont empilés au rythme des changements de politiques. Les aides publiques prennent des formes multiples : prestations sociales, aides à l’accession, avantages fiscaux aux propriétaires occupants ou bailleurs, développement d’un parc social. Cette multiplicité se traduit par un foisonnement d’objectifs pas toujours compatibles entre eux selon Denys Brunel. Les aides à l’accession visent ainsi à la fois à faciliter l’accès à la propriété des ménages modestes et à stimuler le secteur de la construction. Or, le premier objectif suppose un ciblage très fin et s’oppose en cela au second dont l’intérêt est d’accroître le nombre de chantiers. De même pour la défiscalisation des investissements locatifs : s’agit-il de loger les ménages modestes en proposant des loyers modérés (et donc moins rentables) ou, encore une fois, de soutenir la construction ? Il arrive aussi que les différentes politiques soient incompatibles entre elles. Ainsi, le développement d’un parc de logements sociaux à loyers intermédiaires évince en partie l’offre privée, moins compétitive, et contrarie les efforts consacrés au soutien de l’investissement locatif.

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